LES ÉCOLES

La première priorité du Mouvement est l'éducation. Pour Gülen, le manque d'une bonne éducation entrave la justice, la reconnaissance des droits de l'homme et des attitudes d'acceptation et de tolérance vis-à-vis des autres. « Si vous souhaitez garder le contrôle dans le monde, contentez-vous de tenir le peuple loin de la connaissance. Les gens ne peuvent échapper à une telle tyrannie que par l'éducation. La voie vers la justice sociale est pavée d'une éducation adéquate et universelle. Car seul cela donnera aux gens la compréhension et la tolérance suffisantes pour respecter le droit des autres. »

Gülen affirme qu'une nouvelle forme d'éducation est indispensable. Cette éducation combinera la connaissance religieuse et scientifique avec la morale et la spiritualité. Elle formera des gens réellement éclairés, dont le cœur sera illuminé par les sciences religieuses et la spiritualité, et dont la pensée le sera par les sciences positives. Les actes et la vie de tels gens incarneront l'humanité et les valeurs morales. Ainsi les gens saisiront mieux les conditions socioéconomiques et politiques de leur époque.

L'éducation que le Mouvement promeut vise à permettre aux gens de penser par eux-mêmes et d'être des agents du changement au nom des valeurs positives de justice, de droits de l'homme et de tolérance. Cela distingue radicalement le Mouvement des organisations ou des chapelles exclusivistes, qui sont repliées sur elles-mêmes et exigent de leurs acteurs le conformisme. Les organisations et les rites exclusivistes emploient des rituels privés, des insignes, etc. tels que des badges ou des signes d'appartenance, alors que le Mouvement ne possède aucun de ces attributs.


Gülen incite en particulier l'élite sociale, les chefs de la communauté, les industriels et les hommes d'affaires à soutenir une éducation de qualité. Leur réponse positive et généreuse a permis au Mouvement de mettre en place plusieurs centaines d'institutions éducatives en Turquie et dans d'autres pays.


Les écoles inspirées par la conception de l'éducation de Gülen ne sont ni religieuses ni islamiques. Ce sont au contraire des écoles privées laïques contrôlées par l'État et financées par les parents et par des entrepreneurs. Elles respectent le programme éducatif national imposé par l'État et les programmes internationalement reconnus.


Les étudiants et les diplômés de ces nombreuses institutions en Turquie, dans les Balkans, en Europe, en Afrique, en Asie centrale et en Extrême-Orient réussissent avec succès les concours d'entrée à l'université (ils sont comptés parmi les premiers) et finissent successivement aux premiers rangs dans les Olympiades scientifiques internationales. Les écoles ont produit un grand nombre de champions du monde, en particulier en mathématiques, en physique, en chimie et en biologie.


Aucune école n'est enregistrée sous le nom de Fethullah Gülen dans les archives du ministère de l'éducation nationale ni en Turquie ni dans les autres pays du monde. Elles le sont toutes sous la direction de fondations. En Turquie, le ministre de l'éducation effectue les contrôles nécessaires dans les écoles et les résidences, en partenariat avec les autorités locales. Dans d'autres pays, les écoles sont toutes inspectées et surveillées par les autorités compétentes.

Quand des doutes ont été émis sur les effets des écoles inspirées par Gülen en Turquie, les autorités, les savants et les ministres ont répondu qu'il n'y avait aucun problème. Gülen a promis que si quelqu'un pouvait prouver que les écoles enseignent des idées contraires aux valeurs démocratiques turques modernes, il conseillerait immédiatement aux gens de fermer les écoles. Il a même affirmé que si l'État et les autorités turques pouvaient assumer la poursuite de l'enseignement et maintenir le standard éducatif de ces écoles au moins à leur niveau actuel, il demanderait que ces écoles soient immédiatement transférées à l'État.


Par souci de brièveté, les étrangers ont tendance à dire « écoles Gülen » au lieu de « écoles inspirées par Gülen ». L'appellation abrégée semble impliquer une sorte de contrôle centralisé des activités, et même une idéologie, alors que la seconde appellation indique clairement qu'il n'existe aucun centralisme dans le Mouvement. Jusqu'à ce jour, aucun consensus n'a été envisagé par les auteurs sur la façon de nommer les institutions inspirées par Gülen. Cependant, si on met en parallèle la désignation « écoles Gülen » avec par exemple les « écoles Montessori » (où il est exigé du personnel une formation et des qualifications spécifiques et où on utilise une méthodologie particulière), alors on se trompe.

Les acteurs ont leur propre point de vue sur les termes employés pour nommer le Mouvement et les organisations de mouvement social (SMO) qu'ils ont établies. Cependant de nombreuses personnes paraissent oublier ces points de vue et choisissent de les ignorer. L'emploi de descriptifs tels que « écoles Gülen » peut relever de l'ignorance ou de tentatives de diffusion d'une fausse information.

Les acteurs du Mouvement ont tendance à utiliser le mot turc Hizmet (service bénévole) pour l'ensemble des projets et services qu'ils fournissent. Ce terme pourrait être une solution à l'incohérence dans la dénomination du Mouvement et pour clarifier l'identité de ses services et de ses institutions pour des observateurs externes.


Probablement à cause de son développement international depuis les années 90, on s'interroge occasionnellement sur le financement du Mouvement. Certains prétendent qu'il est impossible que le Mouvement accomplisse autant de choses et réussisse une croissance aussi rapide sans « ressources financières diverses » ou sans « financement occulte ». Toutes les études universitaires faites sur cette question ont montré que chaque institution et chaque projet dans le réseau du Mouvement sont licites et transparents dans leurs livres et leur comptabilité, que la gestion financière est faite au niveau local et est soumise à une inspection locale. Un grand nombre d'études, portant sur la façon dont les projets sont financés, éliminent tout soupçon sur un soutien d'intérêts politiques particuliers.

Sur ce point, il faut aussi prendre en considération des facteurs internes. En premier lieu, les attitudes concernant le don de son temps ou d'une aumône sous forme d'argent varient selon les traditions culturelles. Dans la tradition islamique, et par conséquent turque, on considère souvent qu'il est bienséant de faire des dons anonymes. Les observateurs doivent être conscients des sensibilités de gens sur de tels sujets. En second lieu, quand on essaie d'expliquer l'ampleur des activités du Mouvement par rapport aux financements disponibles, il est essentiel de prendre note du montant des ressources du Mouvement qui proviennent du travail bénévole non rémunéré, et qui ne sont donc pas financières.


Le Mouvement n'impose pas de programmes éducatifs aux écoles, aux universités et aux centres d'études que ses acteurs financent et gèrent. Les écoles n'ont ni projet ni objectifs cachés. Les institutions appliquent les programmes nationaux et internationaux, et tout règlement en vigueur dans le pays dans lequel elles se trouvent. Les étudiants sont incités à utiliser des sources d'information externes comme internet et les services d'information des universités.


Pour Gülen, la spiritualité englobe les enseignements directement religieux, ainsi que l'éthique, la logique, la santé psychologique et l'ouverture affective. La compassion et la tolérance sont donc des termes essentiels de ses enseignements. Gülen pense que ces qualités non quantifiables doivent être inculquées aux étudiants en même temps que la formation dans les autres disciplines. Cette forme de programme éducatif est plus proche de l'identité et de la vie quotidienne que l'action politique, et elle entraînera une quête spirituelle nouvelle et un engagement moral en faveur d'une vie sociale meilleure et plus humaine. Ces dimensions de l'éducation ne peuvent être transmises que par l'exemple offert par les bonnes manières, l'état d'esprit et le comportement des enseignants, et non par une prédication ou par un enseignement direct.


En l'an 2000, le ministre des Affaires étrangères de la Turquie a tenu des réunions consultatives avec les ambassadeurs turcs en fonction dans les pays d'Asie centrale et du Caucase afin d'amplifier les relations internationales de la Turquie avec ces pays. Selon les rapports issus de ces réunions les écoles inspirées par Gülen dans ces pays ont eu un effet positif sur les relations internationales de la Turquie avec leur gouvernement.

Dans le rapport rédigé par la Rand Corporation, en 2003, l'experte en politique publique Cheryl Benard affirme : « Gülen propose une version de la modernité islamique fortement influencée par le soufisme et insiste sur la diversité, la tolérance et la non violence. Ses écrits ont inspiré un puissant courant international de supporters et ont fait la preuve de leur attrait auprès des jeunes. »

En 2004, la Présidente de la Cour constitutionnelle de Kirghizistan, Mme Bayekova a parlé de Gülen comme d'une personne de science, de paix et de tolérance. Signalant l'importance internationale de l'œuvre de Gülen, Mme Bayekova a déclaré : « Nous voyons en Gülen la preuve que, si une personne veut vraiment faire quelque chose, elle peut le réaliser à elle seule autant qu'un gouvernement. Si nous le voulons, nous pouvons établir la paix et le dialogue. Nous, Kirghizes, travaillons dur pour atteindre les buts que se fixe Gülen. »

En 2005, la délégation roumaine à l'UNESCO décerna à Gülen une récompense pour ses efforts remarquables dans les activités liées au dialogue et à la tolérance et pour ses efforts vers la coopération et la paix entre les pays du monde.

Les diplomatiques et même les militaires turcs en fonction à l'étranger inscrivent leurs enfants dans les écoles à l'étranger mais qui sont inspirées par Gülen, et les rapports que font les ambassadeurs turcs sur les écoles à l'étranger sont très élogieux. Beaucoup d'autres personnes de tous les milieux ont également visité les écoles et témoigné de la qualité de l'éducation et des changements positifs intervenus chez les élèves et chez les personnes concernées, et ont exprimé leur approbation. Les écoles sont ainsi devenues, pour le Mouvement, un moyen d'être reconnu.

De nombreux universitaires turcs et non turcs ont, depuis 2005, mené des travaux de recherche et présenté des communiqués dans des conférences internationales sur le succès et l'efficacité des institutions inspirées par le Mouvement.


De nombreuses gratitudes et reconnaissances positives venant de l'étranger sur le succès des services, des projets et des institutions du Mouvement ont provoqué de la crainte dans l'élite protectionniste et les groupes de défense des droits acquis. Ces groupes préfèrent isoler la Turquie des réalités du monde car il leur est alors plus facile d'imposer leur contrôle et leur autorité sur la société turque. Ces groupes de défense d'intérêts ne sont pas reconnus pour avoir contribué à une quelconque réussite internationale, mais ils se mobilisent pour s'opposer à ceux qui le sont. Ceux qui se mobilisent contre le Mouvement Hizmet essaient simplement de conserver leur statut immérité en Turquie et sur la scène internationale, comme s'ils étaient les seuls à agir au nom du peuple turc.

Les acteurs et les projets du Mouvement Hizmet ont la capacité de surpasser l'élite dans les services éducatifs, intellectuels, scientifiques et culturels et de jouer efficacement leur rôle sur la scène internationale. Cela a révélé les limites de l'élite et porté préjudice à son prestige au sein du peuple (en Turquie comme à l'étranger). Cette élite trouve cette situation irritante au point d'être intolérable.


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