La conception que le Mouvement se fait du service est d'abord liée à l'altruisme, en Turquie comme ailleurs. C'est une mobilisation qui propose des modèles autres, d'un type que les systèmes étatiques ne peuvent reproduire. C'est pourquoi il a fait l'objet d'une attention générale, favorable ou hostile, en peu de temps. Le principe d'altruisme du Mouvement, consistant à offrir « quelque chose en échange de rien », est un défi symbolique aux codes culturels dominants et au fondement habituel (le soi-disant intérêt personnel « rationnel ») de la logique stratégique et instrumentale dans les sociétés complexes.

Le pouvoir unilatéral de donner (en échange de rien, parfois en s'opposant à l'intérêt personnel immédiat) et de générer et procurer de cette façon des modèles culturels, a pour résultat constant une prééminence du mouvement dans les sociétés. La raison en est que les calculs de coûts/bénéfices ne motivent pas et ne régulent pas la production autonome et gratuite (« pour rien ») de modèles culturels. Cela signifie qu'il est difficile d'éviter ou d'empêcher la capacité des gens à produire des manières nouvelles et meilleures de faire les choses.


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