Le Mouvement est à juste titre considéré comme marginal en ce qui concerne l'aspiration à accéder au système politique. Il jouit également de très peu de reconnaissance sociale positive de la part de l'élite protectionniste, très petite mais pourtant très influente, et de la bureaucratie d'État. Il n'y a pourtant aucune corrélation automatique ou univoque entre l'élite protectionniste et le peuple, composé de nombreux électeurs. Comme le prouve la révélation de nombreux coups d'État planifiés ou tentés, l'élite emploie une « stratégie de tension », c'est-à-dire la peur, la propagande, la désinformation, la guerre psychologique, les agents provocateurs et le faux prétexte du terrorisme pour tenter de contrôler et de manipuler l'opinion publique afin de masquer son propre et immense pouvoir financier et politique et cacher son plan d'action pour conserver son pouvoir. C'est ce qu'on appelle en Turquie le « syndrome sécuritaire de l'État ». Ces mécanismes d'intervention et de contrôle de l'espace public limitent le développement de la société civile et de l'expérience et des services collectifs en Turquie, y compris (mais pas uniquement) ceux du Mouvement Hizmet.

Cependant, comme le Mouvement Hizmet est un mouvement de masse non idéologique, inclusif et populaire, il n'est pas du tout marginal au sens réel du terme. Il est en effet beaucoup plus représentatif de la société dans son ensemble qu'une petite élite protectionniste dotée d'une idéologie particulière, qui n'attire pas le grand public et ne le représente pas.


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