En Turquie, jusque dans les années 80, dominaient l'hyper-politisation sur tous les sujets de société et les divisions artificielles entre les individus. Des questions extrémistes et idéologiques étaient soulevées entre les gens de droite et les gens de gauche, autour de la distinction sectaire entre alévis et sunnites, autour de la distinction ethnique entre Turcs et Kurdes, et plus tard, autour des divergences de la définition de la laïcité entre tenants de la laïcité et gens religieux. Ces questions suscitèrent, dans la société, des tensions et des luttes qui commencèrent à affaiblir sa sécurité et sa stabilité, voire même sa survie. Des milliers de gens furent tués.

Pendant cette période, Gülen, en tant que savant, écrivain, prédicateur et personnalité de la société civile, s'efforça de sortir les individus de la tension et du conflit social. Son message toucha le grand public grâce aux cassettes audio et vidéo, aux conférences publiques et aux séances de discussions. Il appelait les individus à ne pas prendre part aux débats conflictuels et aux combats idéologiques partisans en cours. Il analysait les conditions dominantes et les idéologies cachées derrière la violence, le terrorisme et les affrontements dans la société. Il fit appel à sa culture générale et ses ressources intellectuelles et personnelles pour convaincre les individus (en particulier les jeunes étudiants) de ne pas recourir à la violence, au terrorisme et à la destruction mais d'établir une société de progrès, prospère et pacifique.

Il défendait l'idée que la violence, le terrorisme, la mort, l'ignorance, le déclin moral et la corruption pouvaient être surmontés par la tolérance et la compassion, grâce à la discussion, l'interdépendance, l'éducation et la coopération. Il rappelait aux individus qu'ils ne devaient pas tout attendre du système étant donné son retard dans certains domaines, sa bureaucratie étouffante, sa stagnation partisane et procédurière, et son manque de personnel qualifié. Il incitait au contraire les individus à employer les droits que leur donnait la constitution pour contribuer à la société et à la servir de façon constructive et altruiste. En outre, il les persuadait qu'un tel service était à la fois le moyen et la fin pour être une bonne personne, un bon citoyen et un bon croyant.


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